Entreprises

L’industrie charbonnière chinoise présente une structure hétérogène reposant sur deux types d’acteurs : 

1) les entreprises nationales contrôlées directement par le gouvernement central. Ces très grandes entreprises (Shenhua, China Coal) exploitent des mines modernes et très productives : plusieurs de ces exploitations affichent des productions supérieures à 10 Mt/an. Elles sont les héritières des politiques menées entre 1950 et 1980, période pendant laquelle la croissance de la production de charbon figurait au rang des priorités stratégiques de la jeune nation communiste. Le schéma de développement de l’époque reposait alors sur une planification méthodique de l’économie en vue de favoriser l’essor des industries lourdes ; 

2) Les sociétés contrôlées par les gouvernements locaux ou par des collectivités locales ou encore par des sociétés privées. 

La seconde catégorie rassemble une myriade de petites exploitations (plus de 20 000) dont la plupart opèrent dans un cadre juridique flou (au point que certaines peuvent même être qualifiées d’illégales8). Ces entreprises, qui totalisent aujourd’hui une production de près de 1Gt, sont apparues dans les années 1980-1990 à une époque où la politique planiste ne parvenait plus à satisfaire une consommation en forte croissance. Les autorités de Pékin ont alors toléré l’émergence de ces nouveaux acteurs, à la condition qu’il ne s’agisse que de petites exploitations. Du strict point de vue économique, cette politique fut un succès et a permis la disparition progressive des situations de rationnement. 

Néanmoins, à la fin des années 1990, la multiplication rapide de ces exploitations, conjuguée au ralentissement de la croissance de la demande intérieure, a conduit à une situation de surcapacité et de concurrence effrénée. Ces petites mines furent les plus touchées et Pékin opta pour une politique de fermeture rendue d’autant plus nécessaire que ces mines connaissent de réels problèmes de sécurité, au point de figurer parmi les plus dangereuses au monde. 

Depuis 2002, l’explosion des besoins énergétiques va donc de pair avec un nouveau développement de ces petites exploitations, qui jouent le rôle de variable d’ajustement sur le marché chinois du charbon. 

Néanmoins, Pékin a décidé une politique stricte de fermeture et/ou de consolidation qui devrait aboutir à la fermeture de plus de 10 000 petites mines d’ici 20109. 

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